20140408

The Old Empire Strikes Back




[FRA]
Mon pote P.A. est patron de café et fan de moto. Est-ce que j'ai vraiment besoin d'en dire plus ? Vous voyez toujours pas ? Allez, c'est facile, ça commence par Café et ça finit par Racer.

Donc voici l'une des montures de P.A. Il s'agit au départ d'une Suzuki 1200 Inazuma. Comme vous pouvez le constatez, celle-ci a reçu un léger traitement esthétique, ainsi que quelques améliorations mécaniques. Les travaux, comme tout chantier d'envergure se sont étalés sur plusieurs années et ne sont toujours pas terminés. Bref, l'histoire commence en 2009 sous la direction d'un certain Marco / Kustom 2B Motorcycles, dont les origines corses expliquent très certainement le côté bouillant de l'engin. Il faut dire qu'à peine sorti du garage, la machine arpentait l'asphalte insulaire en pneus slicks...

Depuis, l'Inazu'Manx - c'est son p'ti nom - est venue se faire civiliser du côté de Châteauroux. Elle a changé de monte, gagné une paire de garde-boue, de compteurs et un système d'éclairage tout ce qu'il y a de street-legal (avec clignotants et tout). N'empêche, un monstre, même apprivoisé, reste un monstre. Un truc surhumain, surpuissant et plutôt fascinant.

Je vous laisse admirer, mais faites gaffe, m'étonnerais pas qu'elle morde aussi.

Pour info, si vous traînez dans le coin de Châteauroux, le Café Face, situé Place de la République, est un endroit où l'on croise pas mal de deux roues très fréquentables - et les gentlemen qui vont avec. En plus l'endroit est paré d'une expo photo intitulée Bécane...

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[ENG]
My friend P.A. runs his own cafe and is a motorbike rider. Do I have to say more? Do I? Alright. It's about his bike, it's obvious, it starts with Cafe and finishes with Racer. Got it? At last!

So, here is the Inazu'Manx, one of P.A's bikes. She started her life as a stock Suzuki 1200 Inazuma. But as you can see, she didn't remain stock for long and got herself some pretty neat mods. It took several years and owners to achieve today's look, though. It all started in 2009 with Marco / Kustom 2B Motorcycles and I suppose that his Corsican origin explains a lot about how hot blooded the bike looks. I must add that as soon as she rolled out of the garage, the Inazu'Manx was hitting the insular asphalt in slick tires...

Since then, miss Suzi came to the little town of Châteauroux (France) where she got slightly civilized by being fitted with some mudguards, a proper instruments set (including a speedo!) and some street-legal lighting system with turn-signals and all. Yet, a monster, even well tamed, will always be a monster. She's beyond us humans, she's got the boost and she's fascinating.

Just have a look but be careful, I bet she bites too.

Oh, and just for your own information, if you happen to come to Châteauroux, just head to the Café Face, Place de la République (just in front of the town hall). it's a very nice place that's quite usually frequented by gentlemen who ride some nice little beasts. Besides, the place houses a neat photo exhibition called Bécane...

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20140401

Café Racer Tour #7 (Atmosphere)


Guillaume, the MC
http://www.tendance-roadster.com/


[FRA]
Juste quelques vues supplémentaires. Un peu d'ambiance, en off de mes flash de studio.
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[ENG]
Just a few more shots. Atmosphere, off of my studio flashes.
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Benoît (right), the MC's father
Tendance Roadster

Pierre (left) & Fred (centre), true Tendance Roadsterians

Mike Thebike (left) & Philippe (right)
http://putch-theplace.tumblr.com/
http://motoheroesmag.com/

Nicolas' red skulls
http://www.ironbikers.fr/

Sir George, lord of the bags
http://www.sellerie-georges.com/

Sane

Juliet
http://www.julietimbert.com/




20140329

Tendance Roadster's Café Racer Tour #7

The Photobooth



[FRA]
Tout est là. Le Café Racer Tour tel que l'ont imaginé les T-boys, Guillaume, Alexandre et Benoit Tirard, n'est pas si éloigné que ça du concept originel et mythique du Café Racer. À savoir, se retrouver entre gens de bonnes fréquentations - des motards, quoi - dans un bar, avec des bécanes plutôt très bricolées, mettre de la musique de type Balance et Roule, et partir faire le tour du paté de maison en faisant plus ou moins la course et surtout beaucoup de bruit, et enfin boire des coups, toujours entre mêmes gens de bonnes fréquentations - entre motards, quoi.
Mais Guillaume, Alexandre et Benoit savent bien qu'on n'est plus dans les années soixante, donc exit la course, on garde ça pour des événements comme Iron Bikers. Par contre, tout le reste y est, dans le désordre mais tout y est bel et bien ! Rendez-vous devant la concession Royal Enfield Tendance Roadster à Levallois, un tour entre potes (à peine 200 motos) jusqu'à la Porte Dauphine, puis arrivée chez Laure et Thomas Chartier pour boire des coups (raisonnablement, on est en bécane quand même), écouter du rock live et se faire photographier sur la dernière Enfield. Éh ben elle était bien cool c'te p'tite soirée. Merci à tous !
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[ENG]
This is the T-boys' success story (Guillaume, Alexandre and Benoit Tirard). They call it the Café Racer Tour and it's not that far from the initial concept from the sixties. Take a pack of good and tasteful people - motorcycle riders, of course - who'd meet in a cafe, insert a coin in the juke box, grab their bikes for a little noisy race around the block and try to get back (alive) before the end of the tune, and then share a drink and have a chat.
But Guillaume, Alexandre and Benoit know that the sixties are long time gone, so it's not about racing anymore. They keep that part for specific events such as Iron Bikers. Yet, for the rest, they've kept it all, only not in the same order. We met in the evening at their Royal Enfield dealership, Tendance Roadster (Levallois-Perret, Paris), we went for a one hour ride across Paris (we were just a few friends, I don't think that there were more than 200 bikes), and we all gathered at Laure and Thomas Chartier's restaurant to have a beer, listen to live rock'n roll and get photographed on a beautiful Royal Enfield Continental GT (that was my job). Well, it was a nice and quiet little evening. Thanks guys!
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Louise

Anaïs, Pierre, Carole & Capitaine Louisette

Guillaume, Frédéric & Pierre

Alexandre
Tendance Roadster

Benoît
Tendance Roadster

Nicolas & Laurent
http://www.ironbikers.fr/
http://www.moto-journal.tv/
https://www.facebook.com/lolo

Sandra & Mathilde

Georges
http://www.sellerie-georges.com/

Alice
http://achickonabike.wordpress.com/

Jérôme
http://endivesetchauvesouris.blogspot.fr/

Nathalie

Philippe

The Rider Inconnu

Max

The Tendance Roadster Team XL

Myself & Mike Thebike
http://putch-theplace.tumblr.com/
(photo by someone I don't know, thanks mate!)




20140321

BÉCANE




Ce soir !
(entrée libre)



20140316

The Life Parallel



[FRA] MA VIE D'OCCASION
Depuis la révolution industrielle les humains ont produit une quantité astronomiquement phénoménale d'objets plus ou moins utiles. Je ne sais pas combien. Je ne sais pas si quelqu'un sait combien. Je ne sais pas si quelqu'un en à la moindre idée, même approximative. Enfin, toujours est il que cette planète recèle bien plus d'objets qu'il n'en est besoin. Et les humains continuent d'en produire. Il semblerait même que le rythme s'accélère. Je ne sais pas si je peux faire quoi que ce soit pour changer les choses. Je ne sais même pas si j'ai vraiment envie de juger cette situation, tant les réalisations humaines me fascinent. Par contre, j'éprouve (et je crois avoir toujours éprouvé) une attirance quasi magnétique pour les vieux trucs. Les objets usés, qui ont vécu mais qui peuvent tout à fait continuer de vivre. Plutôt que de les jeter, il faut juste leur accorder un peu de cerveau. J'ai pas envie de collectionner. Je veux que mes objets me servent. Et je crois qu'on peut tout à fait vivre comme ça. Vivre une vie d'occasion. J'ai pas envie de changer le monde, au contraire je pense que cette façon de vivre est très complémentaire. Il faut que le monde continue de produire et vendre du neuf pour générer de l'occasion. C'est un cycle économique viable, une pratique courante même, sauf qu'elle n'est pas bien reconnue.
J'aime que mes objets aient déjà eu une première vie et j'aime leur offrir la possibilité de continuer de vivre. Mon matériel photo est intégralement d'occasion, de même que ma moto, mes bottes, mes vélos, etc. etc. À part quelques objets sur lesquels je n'ai pas envie de faire de concéssion (mon casque, mes caleçons, ma brosse à dent…) Je vie une vie d'occasion. Une vie à chiner, une vie à chercher l'objet. Parce que je trouve que chercher, c'est tellement plus sympa que trouver.

Photo
Moi (et mes deux vélos d'occase) assis dans le fauteuil de mon grand-père et tenant le Leica R5 de mon père. Je porte mes bottes de moto d'occase et mon casque acheté neuf. Autoportrait réalisé avec mon Nikon D3 d'occase, mon Nikkor AFD 35-70 f/2.8 d'occase, et mon set de flash de studio Metz tout neuf.
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[ENG] MY SECOND HAND LIFE
Since the industrial revolution, mankind has produced an amazingly impressively crazy amount of manufactured objects that are more or less useful. I don't know how many. I don't know if anyone knows how many. I don't know if anyone even has a clue about a mere approximation. Anyway, all I mean is that this planet houses way more objects than the whole humanity could ever need. And they humans keep making things. More and more things. I don't know if I can do something against this. I don't even know if I really want to judge this because it is so fascinating. What humans make talks so much about their intelligence (although the way they sell these things doesn't). I always loved old stuff, vintage stuff to use a trendy word. These things that have lived, things that may be used but are still able to be trusted and work just fine. I'm not a collector. I want to use my stuff. And I think one can definitely live this life. A life that's being supported by old, vintage, used, second or third hand, cars, bikes, cameras, lenses, boots, bicycles and all. Well, I'd still trust new items for some particular purposes. Like my helmet, my boxer shorts or my tooth brush.
Yep' I do believe I can live this life but I don't want to go hardcore. It's all about finding the right balance. To live this life, it takes a proper world of brand new stuff hitting the markets to keep going. Maybe just not that fast. It's about two world that coexist and make sense together. Some humans will live with the new stuff and some other, like me will love to look for their things at the flea market, because, in many situations, searching is a lot more fun than finding.

Photo
Me with my used bikes, sitting in my grandfather's armchair, holding my father's Leica R5 and wearing my used motorcycle boots and my brand new helmet. Self shot with my second hand Nikon D3, my second hand Nikkor AFD 35-70 mm f/2.8 and a set of brand new Metz studio flashes.
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20140311

1979 Nikon Series E 50 mm f/1.8 + 2008 Nikon D3 Review

English Version
(version française dans l'article juste en dessous)



[ENG]
My thoughts about photo gears are quite paradoxal. I want to believe that I'm-a-freeman-and-not-just-a-number, so I'd easily tell you that your equipment should be the last piece of the great chain of the small creative process (or is it the other way round?). And I do have a strong faith in that philosophy. In the very first place, it's what you've got in your guts and in the fathomless depth of your mind that make you take a picture, wether you are aware of that process or not. So, if you want to improve your photography, rather than getting a better camera, I think that you should just take a deep breath and look inward before framing what's around. The more you'll listen to yourself, the better you'll click. Thy shall not spend (lose) too much time on internet forums. No one will ever really know if CANONs are better than NIKONs, and if FX is better than DX, merely because there is no such thing as a better picture than another. It's all in the eyes of the watcher, his personal history and his mood and feelings. So if you know what message you want to shout to the world and if your eyes are well trained to work with your heart and your brain, you'll be very likely to shoot some magnificent series with a single-use camera, while your neighbor is just pulling some flatness out of his Kodak Portra 160 loaded Leica M6. Yes, here is the hard truth: it is the photographer who makes the picture, not his camera.

And here comes the paradox: yet, equipment is very important. But not in an obvious way. Equipment is important because it is the extension of your allmighty trilogy: guts-heart-brain. Your gears, if well chosen, will either let you click what you have in mind or let you follow your instinct. That's why I'm a gears geek. Careful! I'm not a technogeek, and certainly not a performance geek. To me performance meens nothing. Modern cameras are performing way beyond our mere human abilities (and they've been doing so for a long time now). My set of cameras can already be  considered "old". I've got two Nikons, a D300 and a D3. They may be from the last decade but they also happen to be my daily rides for professional purposes. And let me say worse: most of my lenses are from the last century!

So what's wrong with me? Nothing. My equipment is just perfectly fulfilling my needs. 12 Mpix are way enough to get wall sized printouts. So when most of my work ends up in magazines or web sites, why would I stuff my hard drives up with images that are three times that size? Besides, these camera bodies are flawless in terms of light metering, focusing accuracy and shadow / light dynamic range (the three most important things for a camera body to me). Since I've been using them, these two cameras have become the end of my arms. Now the only thing I need to complete that enhaced body with is a proper eye that sees what I want, and sees it the way I want.

I have tried many modern lenses. Nikkor AFDX 17-55 f/2.8 ED, 70-200 VR, etc. They are very impressive. They are fast, sharp, sturdy and reliable. I'd definitely reach out for them anytime I'm requested for studio works that need crispy details and accurate color matches (like catalog stuff). But most of the time I'm asked to show or depict a particular atmosphere. And that's what I love to do. More than showing what's in front of the lens, I love to show the mood of the moment. But for that puprose, modern lenses are rubbish, they just are too good and precise. Therefore, to me a sunday flee market, a used photo equipment fair, or the second hand section of a camera store are always the best places to find my gears.

Old lenses are imperfect. I'm imperfect too. And all these imperfections are the best things to use in order to make an image tell a story, because such an image is as much about what we can see as about what we can't. So I need shadows, I need flare, I need soft focus, I need bokeh, I need warm or cold tones. I know, I could do all these things in a software but, sorry, I'm oldschool. I'd rather being out there shooting than sitting at my desk.



So that's how I ended up filling my bag with loads of old pieces of glass. Among them is this 1979 Nikon E Series 50 mm f/1.8, for which I did spend an incredible amount of money: 60 € (along with a mint Nikon EM body, which has become my favorite camera, by the way, but that's another story). I never really had an opportunity to use this lens on my D3, so today I decided to give it a try. I set Nik (my D3's little nickname) on A, 200 ISO and all the rest is about rotating the focusing and the aperture rings. Bliss.

I let you have a look at the result. I did process the images a bit, using Lightroom and VSCO film presets. Now this is another very cool combination that comes as a perfect fine tuning device for the kind of images I like to make. But, still I insist: the better photos I get on the field the better images I'll get in the end. So, post process's just the icing on the cake. Anyway, another interesting point to discuss, we'll talk about it another time.


Nikon D3 + Nikon Series E 50 mm f/1.8
1/4000 - f/2 - ISO 200

Nikon D3 + Nikon Series E 50 mm f/1.8
1/200 - f/5.6 - ISO 200

Nikon D3 + Nikon Series E 50 mm f/1.8
1/1600 - f/1.8 - ISO 200

Nikon D3 + Nikon Series E 50 mm f/1.8
1/2000 - f/2.8 - ISO 200

Nikon D3 + Nikon Series E 50 mm f/1.8
1/800 - f/5.6 - ISO 200

Nikon D3 + Nikon Series E 50 mm f/1.8
1/320 - f/1.8 - ISO 200

Nikon D3 + Nikon Series E 50 mm f/1.8
1/80 - f/1.8 - ISO 400

Nikon D3 + Nikon Series E 50 mm f/1.8
1/80 - f/1.8 - ISO 400

Alright. Sharpness is not top notch and certainly not at the level of a modern 50 mm f/1.4 (although I've been really surprised at f/5.6 and f/8). The centre of the image is always very decent but the corners are a lot weaker. Chromatic abberation is a lot less than I expected and flare is beautiful althought a little too discrete for my taste. In conlclusion, I'd definitely use this lense for relaxed series in natural light, especially for back light portraits (with a sort of hippie-1970s-peace&love touch). The softness of focus at wide aperture (from f/1.8 to f/4) and its good contrast also make it a good one to use for black and white purposes. So I'll sure keep it in my bag (anyway, it's really small and light, although very well assembled), and I'll keep haunting my local dealer's used section!

The following article is the same in French but the photos are different, so feel free to browse it.



20140308

Test: Nikon Series E 50 mm f/1.8 + NIKON D3




[FRA]
J'ai une relation assez paradoxale avec mon matos photo. Mon petit côté "jeusuizun'hommliiibre, pazunnumérôôô..." aurait tendance à vous dire que le matos, c'est vraiment le dernier maillon de la grande chaîne du petit processus créatif (ou le contraire). Et j'y crois sévère à cette idée. C'est avant tout ce qu'on a dans les tripes et au fin fond du crâne qui nous fait faire une photo. Il faut se regarder à l'intérieur avant de cadrer ce qui nous entoure. Et en partant de ce principe, peu importe l'appareil que tu as en main, petit lecteur mortel et addict aux forums où ça discute pixel et où c'est la guerre entre Full Frame et APSC, si tu sais ce que tu veux crier au monde et si ton cerveau est bien entraîné à travailler avec tes yeux... Tu pourras tout à fait shooter une véritable tuerie avec un jetable pendant que ton voisin shootera des platitudes dignes d'un designer de chez Renault avec un Leica M6 loadé à la Portra 160. Donc oui, c'est le photographe qui fait la photo, pas son appareil.

Pour autant, le matos n'est pas à critiquer en tant que tel. Au contraire, il est là pour répondre aux attentes de ceux qui savent ce qu'ils veulent. Et c'est là que j'avoue être fan de matos. Un vrai petit geek. Mais pas un geek de la niouserie à tout prix. pas non plus un geek de la performance record. Moi ce que j'aime avant tout c'est que mon matos me parle. J'ai pas envie de passer mon temps à chercher les commandes pour effectuer tel ou tel réglage... Mais j'aime faire mes réglages moi même. Je veux pas que mon appareil réfléchisse à ma place.

L'appareil que j'utilise le plus est un Nikon D3. Ses performances en terme de mesure, d'autofocus et de dynamique ombre/lumière (l'essentiel pour un boitier, selon moi) sont toujours d'actualité et surtout je l'ai parfaitement en main... Mais c'est vrai qu'il y a (encore) mieux sur le marché aujourd'hui. Et alors ? Moi il me va mon D3, comme un gant même ! Et c'est pas le pire. Là où ça se corse c'est que j'utilise des objectifs qui datent quasiment tous du siècle dernier ! Les objectifs d'aujourd'hui sont de vrais tueurs, rapides, précis, super sharp dans les détails et d'une fidélité à la réalité (presque) sans faille. Et c'est justement ce qui m'ennuie. Mon regard n'est pas neutre. Je ressens ce que je vois et je veux le traduire en terme d'ambiance et d'émotion, je veux montrer l'impression du moment plus que le moment lui même. Et pour faire ça j'ai encore rien trouvé de mieux que les imperfections liés aux systèmes photographiques : le flou, le flare, les balances des blancs décalées, le grain, les ombres bouchées, les contre-jours, etc. Etc. J'aimes ces imperfections parce que je suis moi même imparfait, ce sont donc elles qui traduisent le mieux ce que j'ai envie d'exprimer. Pour moi un objectif doit être tout sauf "objectif". Le simple fait de choisir une focale est déjà un acte de refus d'objectivité.




C'est l'ère du numérique qui m'a remis à la photo (comme beaucoup je pense) et j'adore les possibilités époustouflantes qu'offrent les boîtiers modernes, mais quand il est question de matos, c'est en chinant les brocantes et les petites annonces que je prends vraiment mon pied !
C'est dans cet esprit qu'il y a quelques temps j'ai craqué pour un Nikon EM de 79 et son objectif Series E 50 mm f/1.8. J'ai pas réfléchi deux fois, j'ai juste plongé la main dans ma poche et j'ai carrément dépensé 60 Euros pour l'ensemble. J'adore ce truc ! Je me lasse pas de shooter de l'Ilford HP5 avec. Mais j'avais jamais vraiment pensé à utiliser l'objectif sur mon D3. Alors aujourd'hui je me suis dit pourquoi pas. Et hop, je suis parti faire un tour dehors, l'appareil calé en mode A, sur 200 ISO et le pouce et l'indexe qui se baladent entre la bague de focus et celle du diaph.

Voilà ce que ça donne après léger traitement sous Lightroom et VSCO (réglé sur Kodak Portra 160 NC, pour faire chier mon voisin). Lightroom et VSCO, voilà un autre truc que j'adore ! C'est carrément dans l'esprit de ce que j'aime faire avec mon matos... Mais on en reparlera une autre fois.

Nikon D3 + Nikon Series E 50 mm f/1.8
1/200 - f/1.8 - ISO 200

Nikon D3 + Nikon Series E 50 mm f/1.8
1/1600 - f/4 - ISO 200

Nikon D3 + Nikon Series E 50 mm f/1.8
1/1600 - f/5.6 - ISO 200

Nikon D3 + Nikon Series E 50 mm f/1.8
1/8000 - f/2.8 - ISO 200

Nikon D3 + Nikon Series E 50 mm f/1.8
1/400 - f/4 - ISO 200

Nikon D3 + Nikon Series E 50 mm f/1.8
1/1600 - f/5.6 - ISO 200

Nikon D3 + Nikon Series E 50 mm f/1.8
1/800 - f/2.8 - ISO 200


[FRA]
Alors soit, le niveau de piqué atteint pas celui d'un Nikkor 50 mm f/1.4 dernier cri (encore que, sur la dernière photo j'ai été assez bluffé). Il y a des imperfections dès qu'on s'éloigne du centre de l'image mais j'ai remarqué assez peu d'aberrations chromatiques et un flare somme toute assez contenu (c'est limite pas assez à mon goût). Donc, en conclusion, je le trouve très fréquentable ce petit 50 série E. Il a tout à fait sa place dans mon sac pour du reportage décontracté en lumière naturelle, la bague de mise au point est assez agréable à manier et le rendu lumineux au modelé assez doux se prête bien au style Nature & Découverte (option baba-cool)... Il doit aussi être assez sympa pour du portrait en extérieur, toujours en lumière naturelle, particulièrement en contre-jour. Je vais donc continuer de le fréquenter. Et surtout, je vais continuer de chiner !