20140928

Spirit of the 70s




[FRA]
Quand on est né dans les années 70, on est un enfant des années 80, un ado des années 90, un genre d'adulte des années 2000, etc. Etc… Et si notre être conscient s'est construit sur une bonne trentaine d'années entre la fin du vingtième siècle et le début du vingt-et-unième, notre être instinctif, celui qui s'est développé avant d'être pollué par trop de compréhension des signaux du monde des "grands", bref, notre esprit, lui, s'est forgé dans les années 70. Tim Rogers est né dans les années 70, et il y a quelques années, avec son ami Kev, il a fondé un garage qu'il a justement appelé Spirit of the Seventies.

Chez Spirit of the Seventies on fait des bécanes qui ressemblent, ou évoquent celles des années 70, mais qui sont mieux que celles des années 70. Et c'est là qu'est tout le génie de Tim et Kev. Ils ont compris que dans ces années là, les motos et leurs pilotes étaient futuristes. Les seventies c'était de la passion pure, de la folie créatrice, du "maintenant c'est mieux qu'avant"… Le contraire d'aujourd'hui, quoi. Intéressant paradoxe que celui de notre époque. Mais c'est un autre débat.

Donc, Tim, son designer bien d'aujourd'hui et son chef d'atelier fort de trente ans d'expérience font dans la customisation de motocyclettes. Mais à l'opposé de pas mal, ils font avant tout dans l'amélioration. On améliore les freins, on améliore les suspensions, on améliore les perf', bref on améliore le fun. Si la pâte esthétique de Spirit of the Seventies est résolument rétro, les solutions techniques, elles sont bien du siècle numéro 21, tout comme pas mal des machines qui sortent de leur atelier de Sevenoaks. Et finalement ça doit être ça, le "truc" de Spirit of the Seventies : Tim n'a pas oublié que dans les seventies, on courait après une chose, une seule : le plaisir.

Un grand merci à Tim pour son accueil, et un grand bravo à lui et toute son équipe, Kev (co-fondateur et designer), Martin (chef d'atelier) et Chandler (apprenti), pour le boulot accompli.

--

[ENG]
When you were born in the seventies, you're a child of the eighties, an adolescent of the nineties, a sort of adult of the early twenty-first century, etc. Etc … And if your conscious being grew up during these thirty years, your instinctive being, the one that evolved before your brain got polluted by too much understanding of the concepts of the "grown-ups", in one word: your spirit; well, this spirit was forged in the seventies. Tim Rogers was born in the seventies, and a few years ago, he and his friend Kev founded a motorcycle garage that they called Spirit of the Seventies.

Spirit of the Seventies builds bikes that look like or recall, but are better than these from the 1970s. It seems nothing like that but it actually is the key. See? Tim and kev's garage is called Spirit of the Seventies, not Bikes of the Seventies. So, what's the "spirit" about? It's about creativity, freedom, passion, and most of all, MORE. Nowadays we try to recreate these years, we dress like in the seventies, we drive cars and ride bikes from the seventies but we forget that the seventies were all about the future. They were about faster machines with better technical solutions … Actually, just the exact opposite of nowadays. Paradoxical, isn't it? But that's another question.

Back to Spirit of the Seventies. With their state of the art designer and mechanic-with-more-than-thirty-years-of-experience, they are into motorcycle customisation. But unlike many, they're main job is more about improving the bikes than just give 'em some looks. They improve the brakes, the suspensions, the handling, they improve the overall performance. If they were into video games, I'd say that their job is to improve the gameplay. Yet, no doubt on their aesthetic influences, they're well from the seventies. But their technical choices and solutions are definitely from the century number 21. And so are a lot of the machines that roll in and out of their Sevenoaks workshop. Well, after visiting them, I think I get the point, the "thing" that makes Spirit of the Seventies stand out. That thing is their perfect understanding of what bikes were all about, back in the seventies, and what they should always be all about: pleasure.

Many thanks to Tim for welcoming me, and congratulations and respect to the team, Kev (co-founder and designer), Martin (mechanic) and Chandler (apprentice) for the good work!

--




















20140923

GOODWOOD Intro




[FRA]
On commence par un tour d'horizon sans véritable logique, si ce n'est vous donner un aperçu d'ensemble. Donc, à Goodwood, il y avait principalement des voitures accompagnées de gentlemen accompagnés de ladies, et parfois le contraire. Il y avait aussi des motos, beaucoup moins que de voitures, il est vrai. Il y avait des avions et des pilotes, des vrais mécanos dans des faux paddocks d'époque, des reconstituions de concessions de bagnoles des fifties et sixties, des baba-cools, des mods en scooter et des rockers en café racers qui se tapaient même pas dessus - bien qu'on soit à deux pas de Brighton… Une vraie machine à remonter le temps ! Allez, les premières dix photos.
À suivre…
--

[ENG]
Let's start with a walk around some random places, just for you to have an overview of the whole thing. So, Goodwood was all about cars, gentlemen and ladies (not specifically in that order, though). But there were many other things. There were motorcycles, but a lot less than cars. There were real classic aeroplanes and true pilots, actual mechanics in fake vintage paddocks, recreated cars dealerships from the fifties and the sixties, some hippies, mods on scooters and rockers on cafe racers that were not even fighting, although Goodwood is just a stone throw from Brighton … That was just like walking out of the TARDIS! So, like the Doctor says: Allons-y! Here are the first ten photos.
The r(/b)est is yet to come…
--














20140922

The GOODWOOD Series Teaser




[FRA]
Je suis un garçon chanceux. Pour fêter mon entrée dans ma quarante-deuxième année, ma chérie Nicky m'a offert une journée au GOODWWOD Revival 2014. Si vous ne connaissez pas GOODWOOD, laissez moi vous présenter le truc comme ça : le GOODWOOD Revival c'est le Woodstock de la bagnole classique et du youngtimer, avec un bon trois quarts des participants sapés comme dans une bédé de Blake & Mortimer. En plus, cette année on fête les soixante ans de la Jaguar D-type, une p'tite bombe de course produite entre 1954 et 1957. Je dis "p'tite bombe" parce qu'avec 250 chevaux sous le capot pour 875 kilogrammes… Enfin bon, je vous fais pas un dessin. Mais il n'y avait pas que des Jaguar et des gentlemen, il y avait aussi tout un tas de machines très impressionnantes, ne serait-ce que sur le parking. Autant vous dire qu'on n'a pas chômé, Nik et moi. Alors resté dans les parages, je reviens très vite avec une série de photos.
--

[ENG]
Boy! I'm lucky. As I'm just entering my forty-second year, my lovely Nicky decided to treat me with a day at the 2014 GOODWOOD Revival. If you don't know anyhting about GOODWOOD, let me put it this way: the GOODWOOD Revival is the classic cars and youngtimers' Woodstock, with a good three quarters of the people dressed up like you're in an episode of Hercule Poirot. Besides, this year is the Jaguar D-type's sixtieth anniversary. The D-type was produced between 1954 and 1975, and with 250 horsepower for 875 kilos … Well; do I really to say more? But it was not just about gents and jags. There were an amazing lot of cars, from the parking to the paddocks. I must say that Nik and I have been pretty damn busy! So just wait a bit, I'm still in the process of working on my 10 gigas of photos.
--




20140907

Superfrench

Le Viking & La Danseuse Étoile



L'Alpine A310 c'est un peu l'héritière gâtée qui, à force de vouloir mener la grande vie, à fini par bouffer la fortune familiale. Et quelle fortune ! Pas une fortune de droit divin, non. Une fortune accumulée à coup d'idées géniales, de dur labeur d'ingénierie et de virages pris en travers. Une fortune faite de passion et de prises de risques autant financiers, qu'industriels et… Routiers. L'A110, son aïeule la plus célèbre, s'est illustrée sur les plus terribles champs de bataille et a terrassé ses adversaires au mépris du danger. Elle a acquis ses lettres de noblesse en frôlant les précipices alpins les plus vertigineux, moteur hurlant et poupe en dérive, avec la rage de vaincre d'un viking et la grâce d'une danseuse étoile.






Un viking et une danseuse étoile. Pas de doute, l'A310 est bien une descendante de l'A110, même si quelques malheureuses années ont suffi à faire basculer les rondeurs charnelles des petites bombes des sixties et transformer leurs remplaçantes en de fins vaisseaux futuristes anguleux et pointus. Plus agressives, plus suggestives, les dévoreuses de bitume des années 70, euphoriques de leurs nouvelles formes, ne rêvent plus uniquement de cols de montagne mais aussi d'autoroutes. Hélas, les solutions techniques, elles, dataient toujours de la décennie précédente. Enfin, rien de dramatique, hein. Bien réglée et sous bon contrôle, miss A310 était loin d'être la catastrophe dont la presse se faisait alors écho. Mais il lui manquait quand même un petit quelque chose. Le fameux viking et sa force brute. Alors on fit appel aux suédois.





Peugeot-Renault-Volvo. PRV pour les intimes. Ben oui, parce que même si la nouvelle Alpine avait fini par briller en compétition, il lui manquait quand même ce petit rien de bestialité civilisée. C'est que mademoiselle voulait être une dame. Une avaleuse de kilomètres grand train qui ferait halte dans les relais & châteaux et partagerait son parking avec les têtes couronnées de la catégorie. Mademoiselle voulait se garer à côté des Porsches. On dit même qu'elle aurait voulu choisir sa place. Mais pour ça, il fallait arriver la première. Et pour arriver la première, quatre cylindres ne suffisaient pas. Elle en voulait six, en V de préférence. Le "Péhèrevé" était loin d'être une œuvre d'art, il était né plus de choix industriels et comptables que de passions délirantes. Mais qu'importe, allié au poids plume et à l'aérodynamique efficace de l'Alpine, il devait être en mesure de la faire vrombir de plaisir. Ajoutez à ça les trains roulants plus performants de la magique R5 turbo et l'A310 avait enfin les armes pour jouer les missiles sol-sol sur autoroute ET aller taquiner les précipices alpins. Bref, elle était enfin digne de son époque ET de son nom.





Et moi dans tout ça ? Je suis né juste après l'Alpine A310. Du coup, j'étais bien trop jeune pour me préoccuper de ces contentieux dynamico-mécanico-industrio-héréditaires. Pire, je ne me suis pas intéressé aux voitures avant l'âge de dix ans, soit vers 1983. Mais je peux vous dire que quand j'ai vu une Alpine A310 en vrai pour la première fois, j'me suis pas posé la moindre question sur son héritage, le nombre de ses cylindres ou encore sa potentielle rivalité avec la Porsche 911. J'ai juste ouvert de grands yeux sur un truc trois fois plus bas que n'importe quelle autre bagnole. Un objet pointu et ostentatoire dont le seul but dans la vie était de toute évidence la vitesse. Aujourd'hui je ne vois plus vraiment les voitures de la même manière mais, croyez moi - ou souvenez vous, quand on a dix ans, une voiture ça doit hurler dans les bouts droits et crisser dans les virages tout en partant du cul à la moindre pression sur l'accélérateur. Alors maintenant que j'ai grandi et que j'ai pris le temps d'en savoir plus sur l'œuvre de Monsieur Rédélé, je comprends mieux pourquoi cette machine incarnait parfaitement toutes ces choses qui m'attiraient dans une voiture. Conclusion logique : l'Alpine A310, quoi qu'on en dise, est bien l'héritière de l'A110. Ses formes, son cœur et même sa philosophie en font une digne représentante de la lignée Alpine, faisant le lien entre le passé glorieux de la marque et son époque avide de modernité. On dit que les enfants disent toujours la vérité, c'est parce que leurs yeux voient la vérité et leur cœur bât bien avant que leur cerveau n'aie pu venir polluer tout ça avec des concepts chiffrés et des comparaisons sans objet.





Vous avez déjà essayé une Porsche 911 ? Et une Alpine ? Alors oui, la Porsche est incroyablement mieux finie et aboutie. Elle est (plus) rapide, (beaucoup plus) solide, efficace et fiable. Au début des années 80, une 911 a véritablement des années lumières d'avance sa prétendue concurrente française. Et alors ? Avec son tableau de bord en moquette, son pédalier monté au chausse pied, même pas en face du siège du pilote, et tous ces petits bruits de plastique en vibration qu'elle émet en se faufilant dans la circulation, une A310 c'est pas vraiment un modèle de finition. Et pourtant, elle est confortable, son moteur sait se montrer civilisé à faible allure tout en étant capable d'accélérations diaboliques. Et son châssis ! Mama ! Elle est collée par terre c't'Alpine. Il faut vraiment lui en faire voir pour lui décrocher le fessier, et même là, pour peu qu'on aie les bonnes notions de pilotage - rester dans la bonne plage de régime, faire passer l'avant avec les roues dans l'axe de la route, talon-pointe, et tout et tout - elle suit, elle bondit, elle vire, survire si on s'y prend bien, mais elle passe, et plutôt vite ! On pourrait presque croire que je parle d'une Berlinette. Mais non. Je parle bien d'une A310, de cette fusée basse, fine de nez et large de fesses que j'ai vu pour la première fois sur le parking d'un restaurant, un dimanche de 1983.






Celle que je vous présente ici est justement un modèle 83 bien que livré en juin 82. Histoire de millésime. Mais de toute façon chez Alpine on faisait tellement les choses au jour le jour, qu'un millésime ça veut pas dire grand chose. C'est le père de Jean-Marc, qui en est aujourd'hui le maître, qui l'avait alors achetée neuve. Une affaire de famille, quoi. Elle est encore dans son jus, en peinture et intérieur d'origine. Son V6, pas plus que son châssis-poutre ou ses éléments de carrosserie en fibre n'ont jamais reçu la moindre restauration. Et pourtant tout marche ! Et plutôt bien même. Bon, je dis "n'ont jamais reçu de restauration" mais il faut quand même louer la passion, l'expérience et la culture de vrai connaisseur - d'amateur au sens noble du terme - de Jean-Marc qui entretient miss dans les règles, et surtout lui permet régulièrement de faire ses vocalises sur circuit. Forcément. L'A310 a beau être tout à fait fréquentable en ville, à la campagne ou sur autoroute, elle n'en reste pas moins une p'tite boule de nerf qui aime trajecter en hurlant. Pour ma part, je n'ai pas eu l'occasion de tester la taille de mes attributs sur les vibreurs d'une piste mais je tiens tout de même à remercier Jean-Marc qui m'a permis de m'installer - de m'imbriquer devrais-je dire - au volant de son Alpine. Et je vous assure que les quelques kilomètres parcourus (prudemment) à son volant m'ont appris une chose : mes yeux de dix ans ne s'étaient pas trompés.




Merci Jean-Marc !




20140827

A(r)t Work in Progress




[FRA] Arzu Searle est une artiste turque vivant en France. Elle m'a récemment commandé un shoot de certaines de ses œuvres ainsi qu'un site web. Le travail est en cours et tout ça devrait bientôt être en ligne… Ça va même un peu plus vite que prévu grâce à l'aide de Nicky. Alors restez branchés, vous pourrez bientôt admirer les travaux d'Arzu et, croyez moi, c'est très beau !
--

[ENG] Arzu Searle is a Turkish artist who lives and work in France. She recently commissioned me for a series of photos of some pieces and a complete web site. It is still a work in progress but it should be online quite soon as Nicky is helping me out. So stay tuned, you'll soon be able to see what Arzu does and, believe me, it is really beautiful!
--